Mais voilà, le logiciel libre peut-il s'imposer définitivement et bouter Windows et autres logiciels propriétaires de l'Internet ?
Après tout, cette liberté que nous revendiquons s'appliquent également aux utilisateurs de logiciels propriétaires: ils sont libres de NE PAS utiliser les logiciels libres (on se demande bien pourquoi, mais bon ;-)
Et, soyons fous, le jour où l'informatique mondiale tournera à l'aide de logiciels libres, on fera quoi (à part sabrer le champagne) ?
Chassez le naturel, il revient au galop
Dieu (pour certains, RMS pour d'autres voire même Chuck Norris) merci, les périgrinations de Facebook en matière de vie privée et la sortie de l'iPad nous ramènent assez durement à la réalité: un certain nombre d'acteurs de l'informatique aimerait bien mettre la main sur des informations qui valent de l'or: nos informations personnelles, notre vie privée.
Ceci nous donne un nouvel ennemi, un autre défi à relever. Ouf ! Nous aurons toujours quelque chose contre lequel nous battre ;-)
Naturellement, tout ceci n'a pas manqué de provoquer de nombreuses réactions sur le Net, sans grand changement malheureusement, à l'exception (notable ?) de Facebook qui a annoncé non pas un retour en arrière, mais une simplification des options de gestion de la confidentialité des données personnelles.
Naturellement, je n'oublie pas non plus Google dont l'hégémonie grandissante m'inquiète sérieusement.
Hormis les cas Microsoft (incurable d'après moi) et Apple, quel est le point presque commun à tous ces acteurs ?
Pour parler crûment, ils utilisent le logiciel libre, tout en y contribuant, parfois massivement: HipHop pour Facebook, WebM pour Google et ce ne sont que 2 exemples.
Mais ici, le logiciel libre est bien utilisé comme un moyen d'arriver à ses fins, peut-être même un moyen de s'acheter une conduite ou une image.
Ça n'est pas choquant en soi: après tout, nous sommes tous et toutes libres d'utiliser un logiciel libre, y compris pour faire du business.
Là où ça se corse, c'est que ces entreprises se prévalent de l'utilisation de logiciels libres pour leur image.
Les informations personnelles, la poule au œufs d'or
Car l'enjeu derrière tout cela est bien le contrôle de nos informations personnelles. Ces informations valent de l'or, je l'ai déjà dis: pourquoi les grandes surfaces ont-elles toutes créé des cartes de fidélité si ce n'est pour pouvoir traquer nos petites habitudes de consommation et revendre les informations obtenues ?
Pourquoi les acteurs du monde bancaire nous incitent-ils à utiliser de plus en plus notre cartes de paiement électronique et pas les bons vieux billets ?
et même l'État s'y met
Les derniers textes projets de loi plus ou moins officiels et avancés sont eux aussi inquiétant. Sous couvert de consultations ouvertes, on voit apparaître ici et là de nombreux rapports "d'experts".
Tous vont dans le même sens: Internet est peuplé de vilains pirates nazis pédophiles qu'il convient de combattre par tous les moyens à notre disposition (y compris les firewall intégrés aux suites bureautique, si, si).
Ces opérations marketing arrivent toute à la même conclusion: il faut filtrer le contenu circulant sur les réseaux, c'est la seule solution.
Un nouveau concept fumeux à même fait son apparition: "l'octet légal".
Ce terme justifie à lui seul le DPI (Deep Packet Inspection) qui fera voler en éclat la neutralité des réseaux, cette neutralité du réseau qui a été enterrée sous la houlette de celle dont le monde Internet pensait (espérait ?) qu'elle saurait la défendre: la geekette du gouvernement, secrétaire d'état au numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Néanmoins, "ceux qui savent" (la plupart barbus, comme Benjamin Bayard ;-) disent et répètent que tout cela est inapplicable. Comment une machine peut catégoriser un octet comme étant légal ou illégal ?
C'est donc techniquement impossible, mais ça n'est pas l'important: l'important est de contrôler ce que nous faisons de nos vies numériques et là, tous les prétextes sont bons.
Le combat continue
Revenons au logiciel libre. Ses plus ardents partisans se retrouvent en pointe du combat pour la vie privée. Étonnant ? Pas tellement, encore faut-il avoir pleinement conscience des principes du logiciels libres: ils ne s'arrêtent pas à la gratuité, ni même à la mise à disposition du code source.
L'autorisation de modification du code source alors ? Toujours pas.
L'un des principes fondateurs du mouvement libre, qui ne s'arrête pas aux logiciels, c'est la société humaine. Ce que dessine le mouvement libre, ce sont les contours d'une société respectueuse de ses membres, respectueuse des libertés et des choix de chacuns.
Le logiciel libre s'inscrit pleinement dans ce mouvement, mais il n'en est qu'un des maillons. Il n'est pas une finalité, tout juste une étape, si importante soit-elle.
Naturellement, le combat pour le respect de la vie privée s'inscrit également dans ce mouvement. Mais, il s'agit ici plus d'une finalité que d'un moyen: sans vie privée, pas de logiciel libre car nous ne serons plus maîtres de nos choix.
Ceci me rappelle le projet Palladium, implémentation du Trusted Computing par Microsoft. La firme de Redmond avait annoncé qu'elle contrôlerait les applications ayant, ou pas, le droit de s'exécuter sous Windows. Naturellement à l'époque, cela avait provoqué un tollé général: en effet, on courrait le risque (non négligeable ?) de voir Openoffice ou Firefox bannis des OS Windows, le tout potentiellement sans justification, juste parce quelqu'un à Redmond en avait décidé ainsi.
Hé bien, Palladium est de retour, mais sans puces électroniques ni certificats cette fois: Apple fait la pluie et le beau temps sur l'AppStore, autorisant (ou pas) les applications qui respectent sa conception du bien.
Tout ceci ne pourrait pas, ou moins, arriver avec du logiciel libre.
Alors:
La vie privée sera-t-elle au cœurs des combats de demain ? Le logiciel libre sera-t-il l'un des instruments de ces combats ou en sera-t-il
l'aboutissement ?
Vous avez 4 heures (c'est bientôt le bac ;-)